Paradise Lost – Ascension (2025)

Publié le 19 décembre 2025 à 18:37

Style : doom metal gothique

Label : Nuclear Blast

Localisation : Royaume uni

Sortie : 18 septembre 2025

 

  Il aura fallu attendre bien des années pour que nos tristes Anglais donnent un successeur à « Obsidian ». En fait, jamais dans la carrière du groupe, il n’avait fallu attendre aussi longtemps. La crise du COVID est passée par là, les projets parallèles du maître compositeur Gregor Mackintosh aussi (que ce soit Strigoi ou Host).

J’ai pu lire beaucoup de belles choses sur ce nouvel opus intitulé « Ascension » : meilleur album du groupe depuis longtemps, chef d’œuvre, j’en passe et des meilleures. Bref une littérature assez convenue dès qu’un groupe de cet acabit sort un nouvel album.

Loin de moi l’idée d’affirmer que cette nouvelle offrande des Britanniques, si longuement attendue, est mauvaise ou même décevante. Simplement ce n’est pas un album flamboyant comme Paradise Lost a pu en proposer dans un passé plus ou moins récent. L’artwork est à l’avenant d’ailleurs, avec cette peinture assez austère qui ,certes, fait sens avec le contenu de « Ascension » mais ne finira pas dans les annales aux côtés des pochettes de « Icon », « Draconian Times », « Tragic Idol » ou « The Plague Within ».

Clairement « Ascencion » est un album laborieux et appliqué dans lequel on sent que le travail de composition ne s’est pas fait de manière simple et évidente. Son principal géniteur ne s’en est d’ailleurs pas caché, affirmant avoir jeté à la poubelle les premières compositions sur lesquelles il avait travaillé. En bref, le processus de création de « Ascension » n’a pas été une sinécure et cela se ressent à l’écoute. Parmi les dix compositions, on ne trouvera donc pas de morceau facile et immédiat. La première partie de l’album est même assez académique à l’échelle de Paradise Lost. Que ce soit dans « Serpent on the Cross », « Tyrants Serenade » ou Silence like the Grave », on détecte nombre de gimmicks ou d’éléments sonores ramenant à un passé plus ou moins lointain. Pour autant si ces compositions ne transpirent pas l’originalité, elles constituent des valeurs sures avec tous les ingrédients qu’on attend de Paradise Lost : des ambiances pesantes, des mélodies prenantes et mélancoliques, un chant aux multiples facettes dans lequel Nick Holmes excelle de plus en plus (au moins sur disque). Bref on en a pour son argent mais sans véritablement être plus surpris que cela.

La seconde partie est plus aventureuse, plus ascensionnelle pour le coup, avec notamment des structures de chanson qui sortent des sentiers battus et nous emmènent sur de nouveaux territoires, quitte à s’y perdre un peu parfois. Au moins retrouve t-on ce côté audacieux de Paradise Lost, groupe qui a toujours aimé s’affranchir des carcans et des standards.

Au final, et bien que fan absolu du groupe, je ne laisserai pas la courtisanerie me faire dire que « Ascension » est le meilleur album de Paradise Lost depuis des lustres. L’aveuglement propre à tout fan inconditionnel d’un groupe ne me laissera pas davantage dire qu’on est là face une croûte ou même que c’est un album décevant. « Ascension » laisse simplement transparaître un groupe qui a eu un peu plus de fil à retordre pour accoucher de ce dix septième album. Dans pareille situation, bien des groupes se seraient allègrement vautrés, Paradise Lost s’en sort honorablement avec son professionnalisme, son expérience et une certaine classe.

 

L – 7,5 /10

 

 

Tracklist :

 

1. Serpent on the Cross (06:12)

2. Tyrants Serenade (04:20)

3. Salvation (07:07)

4. Silence like the Grave (04:46)

5. Lay a Wreath upon the World (04:51)

6. Diluvium (05:47)

7. Savage Days (03:54)

8. Sirens (04:46)

9. Deceivers (03:37)

10. The Precipice (05:42)

 

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